Silvia Dore

EN / IT / FR

Vous trouverez ici des définitions de termes accompagnée d'éxplications contextualisées basées sur mes réflexions personnelles ou sur les travaux d'auteurs qui m'inspirent.

Design Graphique, Enseignement, Recherche, Curation

Glossaire

EN | IT | FR

( X ) Fantasme, Territoire, Coécriture, Interaction, Assemblage, Jeu, Terrain, Engagement, Typographie, Communs, Pédagogie, Cocréation, Architecture, Progettazione, Inscription
A

Architecture

«Comment l’architecture, l’art de bien bâtir avec son milieu, produit-elle de la signification?» 1.
«Les gens disent toujours que l’architecture est un art de l’espace, mais c’est aussi un art du temps.» 2.
C’est exactement l’architecture comme événement, comme moment et rencontre qui m'intéresse dans ma recherche. La relation et ce qui advient entre les êtres vivants et leurs milieux.

1. Prolégomènes à une psychologie de l'architecture, Heinrich Wölfflin, Collection Ecole d'architecture de Grenoble, Éditions de la Villette, p14.

2. Zumthor, Peter. Atmosphères. Éd. Birkhäuser (2008), p.41.

Assemblage

C

Cocréation

Cela semble pouvoir définir les nouvelles manières de faire en design graphique par une logique de cocréation. Le mot cocréation — et non coconception — me semble plus juste car il tient compte de l’action en mouvement, et il définit l’artefact qui se produit. Faisant encore référence à une production concrète et à une mise en visibilité, ce terme correspond davantage à la discipline du design graphique qui m’intéresse ici.
Dans ces démarches, la jeté vers l’autre est réciproque : il s’agit de faire lien et d’entrer en relation. L’ensemble est constitué de multiples voix, c’est une parole singulière qui se confronte à une autre. Chaque partie prenante est alors en mouvement continu, puisque la fin de l’agir ensemble dépendra de la décision des parties concernées.

Coécriture

La racine du mot graphisme, en grec ancien γραφικός (graphikos), signifie «qui concerne l’action d’écrire». Au rôle principal de la discipline de rendre lisible et visible des savoirs, il s’agit maintenant de penser ces écritures en intégrant celles des autres (designers graphiques, citoyens, urbanistes etc.). Ce sont alors des écritures qui ont comme objectif de rendre intelligible des outils, des codes d’accès, ou encore elles devront suggérer des espaces pour y intégrer l’action de l’autre. C’est en prenant exemple de la vision avancée par Alain Findeli et Rabah Bousbaci dans leur modèle de «l’éclipse de l’objet dans les théories du projet en design» .1, qui me semble pertinent ici pour mieux comprendre cette articulation. Passer de la conception individuelle à la cocréation implique donc toute une transformation des manières de penser le projet dans son ensemble, tenant compte de l’avant, le pendant et l’après de l’action avec l’autre.

1. FiNDELI, Alain, et Rabah BOUSBACI. «L’Éclipse de l'objet dans les théories du projet en design» EAD, 2005.

Communs

Collectif

Le collectif Grapus, à ce titre, est un exemple phare : animé d’un engagement politique et social, son originalité est signifiée aussi par le fait que le travail d’élaboration des images est fait systématiquement en commun. Il semble apparaître ici les prémisses du faire ensemble en design graphique.
Dans cette lignée, les pratiques émergentes en design graphique au XXIe siècle, si elles s’intéressent à des objets variés et mobilisent des techniques bien différentes, semblent toutes re-questionner une certaine vision du design, cristallisée dans la figure traditionnelle du designer- auteur. Cette figure renvoie à des rapports hiérarchiques qui passent par une commande, la réponse des designers et la diffusion auprès d’un public : «les designers auteurs répondaient à un cahier des charges et trouvaient des solutions à un problème. Les solutions étaient ensuite distribuées à l’usager. Dans le faire ensemble, il s’agit plutôt de se poser des questions que d’arriver avec des solutions pré-faites.» 1.

1. QUINTON Philippe, Design graphique et changement, Éditions L’Harmattan, 1997, p.189.

F

Fantasme

J

Jeu

P

Pédagogie

“L’éducation ne peut être que le développement fluide et naturel d’une compréhension, rien d'autre.” 1.
C’est cette ambition de pédagogie que je souhaite partager, dans un apprentissage en mouvement, réciproque, interdisciplinaire, en lien avec l’autre. Une transmission réciproque où à partir de nos disciplines et postures, nous sommes au service d’un projet commun, partageant responsabilité et valeurs. Je souhaite accompagner les futurs designers professionnels pour être ensemble acteurs civiques de nos futurs espaces de vie. Par le projet, partir de nos disciplines pour finalement les assembler, les dépasser au service du projet commun.

1. Norman Potter, Qu'est-ce qu’un designer : objets,lieux,message.P 108, ed.B42.

Progettazione

Si l’on regarde les traductions du terme projet en français, il est traduit en anglais par purpose, qui signifie «objectif» et project «programme», ou encore en allemand Entwurf, ent qui implique une distance et wurf jeter ou encore projekt. C’est l’italien qui est le plus proche de la définition de projet français. Dans sa traduction progetto, «il recouvre comme lui différentes acceptations notamment le proposito (intention), le disegno (schéma), le piano (plan). La seule nuance que semble ici apporter l’italien est l’opposition entre le progetto (activité intellectuelle d’élaboration du projet) et la progettazione (activité de réalisation du projet).» 1.
Cette dernière définition semble être en accord avec la représentation visuelle des actes graphiques, qui donnent forme à des intentions. Si tout artefact nécessite une logique de progettazione, elle n’est pas entendue ici comme la suite d’étapes précises pour arriver à la production finale dans une configuration linéaire et verticale spécifique au contexte de production industrielle.
Ce qui m’intéresse se trouve précisement dans cette image évocatrice d’une mise en mouvement, d’une composante dynamique, que l’on retrouve dans le terme projet-azione (action). J’emprunterai alors le terme, progettazione, pour illustrer ce passage d’une position réflexive à active.

1. BOUTINET, Jean-Pierre. op.cit.,p.43.

T

Terrain

Territoire

E

Engagement

"L’engagement peut être pensé comme le résultat d’une volonté́ d’agir et de prendre une part active à une initiative, d’adhérer à un mouvement ou encore de devenir membre d’une organisation." 1. Ainsi, cet engagement pourrait porter à une nouvelle compétence collective comme l’explique le sociologue Alain Penven : « La compétence collective (...) n’est pas réductible à l’addition ou l’articulation des compétences spécifiques portées par des acteurs ayant le monopole d’une expertise (...) elle est le produit aléatoire d’un engagement collectif, producteur de nouvelles manières d’agir et de penser.» 2.

1. Isabelle Sommier, «32. Sociologie de l'action collective», Michel Pigenet (eds), 2014, pp. 367-377.

2. Alain Penven, « Sociologie de l’action créative », L’Harmattan (eds.), Paris, 2016, p. 34.

I

Interaction

La logique du projet ne se conçoit plus seule, mais avec l’autre dans une approche dynamique et interactive des actions. Le terme interaction «action réciproque de deux ou plusieurs objets, de deux ou plusieurs phénomènes» 1., confirme que dans cet échange, le mouvement est constant. C’est l’acte de faire au présent, et donc indirectement de produire et créer.

1. Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales.

V

Ville

La ville ne se limite pas à ses infrastructures physiques ; elle est un espace d’échanges et de co-construction, où se croisent différentes visions et initiatives.

I

Inscription

Indication écrite placée en un lieu apparent et servantà donner un avis, un reinsegnement. Inscription d'une affiche, d'un panneau, d'un poteau indicateur. Des routes qui se croisent sans écriteaux, des bornes dont on a pris le soin d'effacer l'inscription (Renard, Hournal, 1894,p.242)

cf.article inscription